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XVI


24 novembre.


Aucune lettre de Joseph. Sachant combien il est prudent, je ne suis pas trop étonnée de son silence, mais j’en souffre un peu. Certes, Joseph n’ignore point qu’avant de nous être distribuées les lettres passent par Madame, et, sans doute, il ne veut pas s’exposer et m’exposer à ce qu’elles soient lues ou seulement que le fait qu’il m’écrive soit méchamment commenté par Madame. Pourtant, lui qui a tant de ressources dans l’esprit, j’aurais cru qu’il eût trouvé le moyen de me donner de ses nouvelles… Il doit rentrer demain matin. Rentrera-t-il ?… Je ne suis pas sans inquiétudes… et mon cerveau marche, marche… Pourquoi aussi n’a-t-il pas voulu que je connusse son adresse à Cherbourg ?… Mais je ne veux pas penser à tout cela qui me brise la tête et me donne la fièvre.

Ici, rien, sinon moins d’événements toujours