Page:Mirbeau - Les Écrivains (deuxième série).djvu/162

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PAUVRE FRANCE !


On a enterré, cette semaine, presque clandestinement, à Montmartre, Georges Galapiat.

Georges Galapiat !

Les chroniqueurs — les vrais, ah ! oui, les vrais ! — les chroniqueurs — il en reste encore quelques-uns — vous diront que c’est toute une époque qui disparaît avec Georges Galapiat : Georges Galapiat n’avait pas été aussi célèbre, au café Riche, que Gustave Claudin. Pourtant, il avait conservé les traditions qui, désormais, sur le boulevard — sur le boulevard ! — n’auront plus d’autre représentant !…

Pauvre France !

Georges Galapiat ! c’était, au fond, un très pauvre diable qui avait essayé un peu de tout, de la peinture, de la littérature, de l’annonce et de la commission, et qui, tour à tour camelot, photographe, chanteur de café-concert et, peut-être, policier, avait, un beau jour, décidé, las