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L’OPINION PUBLIQUE


Nous avions espéré un instant — est-ce bien un espoir ? — que, désabusé de la politique militante et des rigodons patriotiques, M. Déroulède se consacrerait, désormais, à la littérature et qu’il terminerait doucement sa vie en écrivant des romans d’amour. C’est ainsi que finissent, en général, les grandes passions publiques. On a, dans un mouvement social, dans une équipée politique, joué un rôle tapageur et compromettant ; on n’y a point réussi ; il est naturel que le désenchantement s’ensuive. Mais nous ne sommes pas impunément d’un siècle qui a fait de la réclame le plus puissant idéal de la vie, le meilleur, le plus sûr levier de la fortune. Bientôt survient cette pensée consolante que tout n’est pas perdu et qu’il est possible encore d’utiliser, dans un mode nouveau d’activité pratique et dans une autre branche