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LIVRE I, CHAP. XI

nul lien de droit n’était possible de lui à son maître ; et au regard du peuple romain, il n’acquérait ni la cité, ni l’hospitalité. L’affranchissement a débuté par n’être qu’un fait, sans fonder un droit ; et le maître pouvait toujours reprendre et replacer l’affranchi en servitude. Un jour vint, pourtant, où la liberté lui fut assurée ; ce fut quand le maître la promit à toujours en présence du peuple. Aucune formalité spéciale ne présida d’ailleurs à cet acte, ce qui démontre bien la non-existence de l’affranchissement juridique dans les temps anciens. On se servit tout simplement des moyens usités pour d’autres cas ; on affranchit par testament, par voie de procès, ou de déclaration de cens. Mais pour avoir été ainsi libéré par acte public de dernière volonté, ou sur procès en liberté intenté par l’esclave au maître et acquiescé par celui-ci, ou parce qu’il lui avait été permis de se faire porter sur les rôles du cens, l’affranchi ne passait nullement encore à l’état de citoyen ; en face de son ancien maître ou de ses héritiers, toutefois, il était homme libre ; classé d’abord dans la clientèle, il devint plus tard plébéien (p. 116).

L’affranchissement du fils était chose plus difficile que celui de l’esclave : et entre celui-ci et son maître la dépendance est simple, toute de hasard ; et partant, elle peut se dénouer à volonté : mais le père ne peut cesser d’être père. Aussi fut-il nécessaire, pour l’émancipation postérieure, que le fils se plaçât d’abord en esclavage, par rapport à son père, pour recevoir ensuite de lui son affranchissement ; mais à l’époque qui nous occupe, on peut affirmer que cette émancipation était encore inconnue.

Les clients et les amis.Tel était le droit pour les citoyens de la Rome monarchique, aussi bien que pour les clients ; entre eux, si loin que nous portions nos regards dans les temps primitifs, l’égalité devant la loi civile privée paraît