Page:Montaigu - Démêlés du Comte de Montaigu, 1904.djvu/77

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Les souvenirs de Jean-Jacques ne sont pas plus exacts au sujet du procès-verbal que l’ambassadeur fit dresser sur les lieux mêmes, à Chioggia.

Il prétend avoir réuni seul les éléments, et le chancelier du consulat, l’abbé Patizel, aurait refusé de lui prêter son concours effectif.

Rousseau n’avait pas prévu que le procès-verbal serait transcrit sur les registres de la chancellerie de France, et que le comte de Montaigu en communiquerait des copies au ministère. Une expédition authentique de ce document existe à sa date (6 juillet 1744) dans la correspondance de Venise aux archives des affaires étrangères : le nom de Rousseau n’y est pas mentionné ; c’est l’abbé Patizel qui, sur l’ordre de l’ambassadeur, a exclusivement procédé à tous les interrogatoires, et sa signature est la seule qui figure au bas de la pièce[1]. Pour quelle raison d’ailleurs Rousseau se serait-il rendu à Chioggia ?

Qu’y aurait-il fait ?

La réclamation énergique du représentant de la France eut un prompt résultat : quinze jours après la bagarre, le capitaine Olivet touchait un dédommagement convenable[2].

L’ambassadeur avait donc su se tirer d’affaire sans recourir à son secrétaire, et sans attendre les instruc-

  1. Document existant aux affaires étrangères (6 juillet 1744).
  2. Lettre du comte de Montaigu à La Porte Du Theil (août 1744.)