Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/190

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CHAPITRE IX.


DE LA TOLÉRANCE EN FAIT DE RELIGION.


Nous sommes ici politiques et non pas théologiens ; et, pour les théologiens mêmes, il y a bien de la différence entre tolérer une religion et l’approuver.

Lorsque les lois d’un État ont cru devoir souffrir plusieurs religions, il faut qu’elles les obligent aussi à se tolérer entre elles. C’est un principe, que toute religion qui est réprimée, devient elle-même réprimante : car sitôt que, par quelque hasard, elle peut sortir de l’oppression, elle attaque la religion qui l’a réprimée, non pas comme une religion, mais comme une tyrannie.

Il est donc utile [1] que les lois exigent de ces diverses religions, non-seulement qu’elles ne troublent pas l’État, mais aussi qu’elles ne se troublent pas entre elles. Un citoyen ne satisfait point aux lois, en se contentant de ne pas agiter le corps de l'État ; il faut encore qu’il ne trouble pas quelque citoyen que ce soit.

  1. A. B. Il faut donc que, etc.
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