Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/101

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contes de fées aussi, dans lequel elle apprenait à lire. D’ailleurs elle n’avait jamais lu rien d’autre, sauf son Atlas et son histoire sainte, car son père et sa mère possédaient des livres, mais ils ne les lui donnaient point. Quelquefois, cependant, il arrivait que M. de Kéras laissât traîner son journal, elle l’avait regardé. Il était question d’une foule de choses qui n’avaient point de signification pour elle. Cela la laissait indifférente. Elle avait, au contraire, la tête pleine de la Princesse Carpillon, de Belle-Belle, de la fée Tulipe, de Finette, du Prince Marcassin. Elle avait lu et relu son livre tant de fois que tous les personnages en étaient devenus les chers compagnons de son existence, et qu’elle parlait d’eux comme s’ils étaient vrais. Elle parlait aussi de ses chèvres qui l’intéressaient et qu’elle aimait… Et puis elle me décrivait la vie dans l’île, les saisons, l’hiver surtout, l’hiver, quand elle était bloquée au Goabren, qu’elle