Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/119

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J’osai la prendre dans mes bras, tout doucement, ainsi qu’une enfant. Elle ne se détendit pas. Elle avait fermé les yeux, comme infiniment lasse. Enfin elle les rouvrit, et me regarda avec une expression de douceur et d’anxiété telle qu’elle perçât mon cœur. Je m’écriai, la pressant contre moi :

— Qu’avez-vous, qu’avez-vous, petite Anne ? Dites-le, je vous en supplie. Voyez combien je suis inquiet et malheureux parce que vous êtes triste ? Qu’avez-vous, dites-le-moi, je vous consolerai, Fleur-de-l’Île, délicieuse petite Fleur-de-l’Île…

Alors, enfin, elle sourit, et elle fit d’une voix adorablement enfantine :

— Alors, tu ne vas pas t’en aller ?

M’en aller !… Comment cela ?… Une seconde je restai interloqué, puis j’éclatai de rire, d’un rire énorme, plein de bonheur, d’allégresse, de triomphe. Ah ! que j’étais heureux ! Après ma crainte, après mes alarmes de tout à