Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/128

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relle. Et la peinture elle-même, ce que je faisais là, c’était peut-être une opération magique, que j’entreprenais dans un but qu’elle ignorait. Elle s’était demandé si je n’allais pas changer subitement en jeunes gens et en jeunes filles toutes les chèvres du Goabren, et si le Goabren lui-même ne se métamorphoserait pas en un palais superbe, où son père et sa mère seraient un roi et une reine entourés d’une cour brillante, — et regardant sa chèvre, elle disait :

— Laouen, Laouen, ne serais-tu pas une jolie jeune fille qu’une méchante fée a changé en bête ?…

De ma baguette de peintre, je touchai le front de Laouen et je dis :

— Reste chèvre, Laouen… Laouen aimée de la plus délicieuse enfant de la terre entière !