Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/132

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Un moment après, et comme une enfant :

— Il y a deux minutes !

— Je vous en prie, ne remuez pas…

— Oh ! j’en ai assez, j’en ai assez !

Enfin je donnais le signal : « Là, vous pouvez bouger… » Elle faisait ouf, se levait et, d’un bond, sautait jusqu’à mon chevalet. Elle regardait ma toile en poussant des exclamations. Puis elle disait, tendrement : « J’avais tellement envie d’être à côté de vous… » Nous nous asseyions sur le sable, je prenais ses mains dans les miennes et nous nous regardions. Un long silence. Elle soupire, ses yeux se voilent, ses narines battent un peu. Alors je passe mon bras autour de son cou, elle appuie sa tête sur mon épaule, et je lui dis tout bas, comme hier :

— Oui, je t’adore !

Elle, doucement :

— On n’adore que le bon Dieu.

Je répète :