Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/134

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— Je ne partirai pas, car je mourrais aussi…

Je me suis penché sur sa bouche. J’ai respiré son souffle pur, et j’ai posé mes lèvres sur les siennes.

Elle a fermé les yeux. Elle est devenue pâle comme si la vie se retirait d’elle, et sa tête pareille à un lys trop lourd est tombée sur son épaule. Deux larmes ont glissé sur ses joues, que j’ai bues avidement. Elle était toujours immobile. Je lui ai demandé :

— As-tu mal, mon amour ?…

Elle a rouvert lentement ses yeux troublés, elle a soupiré profondément, elle m’a souri avec extase, et elle a répondu en tremblant :

— Non ! non !… Je suis trop heureuse !

Puis elle s’est blottie dans mes bras contre ma poitrine, et elle n’a plus bougé.

J’ai murmuré :

— Es-tu bien dans mes bras ?

— Ah ! délicieusement bien !