Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/143

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magnétique. De toutes petites vagues se brisaient sur la grève, murmurant à peine.

Cependant, mes pas me portaient vers l’endroit où j’avais pris l’habitude de la rencontrer chaque matin. Je m’y rendais sans le savoir, marchant en somnambule, ignorant vraiment si j’étais éveillé ou si je dormais.

Tout à coup, devant moi, comme si elle était, par un prodige, subitement sortie de terre, une forme blanche m’apparut. Une forme toute blanche sous la lune, une forme toute blanche, qu’une roche jusque là m’avait masquée… Je mis la main sur mon cœur, je poussai un cri, je tombai à genoux. Elle, c’était elle, elle qui, par cette nuit d’été miraculeuse, s’était levée comme moi, était sortie comme moi, m’avait rejoint sans le savoir. Elle se tenait droite, longue, pareille à un lys, dans sa chemise virginale qui tombait jusqu’à ses pieds nus chaussés de sandales. Ses cheveux étaient épars sur ses