Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/164

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


toi que j’adore !… Oh ! oui, c’est joli, c’est délicieux ici ! Mon Dieu ! que c’est beau !

Maintenant ses yeux étaient éblouis. Elle les ferma, posa sa tête sur mon épaule et murmura : « Je suis heureuse, heureuse, heureuse !… »

Elle ajouta, presque tout bas, en poussant un soupir :

— Cela m’effraie d’être si heureuse…

Nous abandonnâmes l’anse où nous nous rencontrions jusque-là et j’aménageai dans la grotte un coin bien sec où l’eau ne montait jamais. Là j’entassai des herbes sur lesquelles je jetai une couverture : cela pouvait servir de siège ou de sofa. Sur le mur de granit j’avais fixé un miroir. Enfin, j’avais apporté des toiles, et ma boîte de couleurs ; je voulais essayer de peindre, de fixer cette extraordinaire vision qui m’émerveillait.

Nos premiers matins ce fut exquis. Il faisait dans la grotte une fraîcheur d’éden. Toute