Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/184

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couvrit son visage de ses deux mains et elle s’écria en haletant :

— Tais-toi ! tais-toi ! ne me tente pas ! Ne dis pas des choses impossibles.

— Impossibles… Pourquoi ?

— Parce que je suis condamnée à vivre toujours à Houat ?

— Condamnée par qui donc ?

— Et mon père, et ma mère ?… Je dois rester ici avec eux…

Je me tus. J’étais troublé. Que devais-je faire ? Continuer à la tenter, à l’attirer ? N’était-ce pas mal agir ? Mon amour avait-il plus de droits sur elle que l’amour de ses parents. Elle se tenait au milieu : eux d’un côté, moi de l’autre. Je l’adorais… Mais l’enlever à eux, cela m’était-il permis ? J’étais tremblant, j’étais hésitant. Cependant je l’aimais trop. Et c’est toute ma vie que je jouais… Il me semblait qu’une force supérieure à moi-même, que la raison du monde, que l’Esprit