Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/185

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


me poussait. Comment n’aurais-je pas été jusqu’au bout ?

Elle était absorbée à présent. Les visions que j’avais animées pour elle s’attardaient devant ses yeux : elle les voyait. Je laissais le prestige agir. Je n’avais plus à parler. Un démon s’était levé dans son cœur et dans sa pensée.

J’écartai ses deux mains qu’elle conservait toujours sur son visage. Je regardai longuement dans ses yeux, je bus un peu de son âme. Puis je la pris dans mes bras, je baisai doucement ses lèvres. En silence elle s’abandonnait, je ne la sentais point présente, elle était comme anéantie.

Elle s’écarta de moi pourtant et soupira profondément :

— Alors, demanda-t-elle, tu voudrais que je quitte mes parents et que j’aille avec toi ?

— Préfères-tu que j’aille demander ta main à M. de Kéras ? répondis-je.