Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/210

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pétais l’appel que j’avais entendu sortir pour moi du Goabren, j’exposais ma conviction profonde que j’étais venu à Houat expressément afin d’y rencontrer Anne. J’expliquais à Yvon l’amour, je lui décrivais la vie nouvelle dans laquelle j’étais entré.


Premièrement, il m’avait écouté de mauvaise grâce, méfiant, et toutes ses préventions dressées contre moi. Mais je parlais avec tant de chaleur, avec une telle sincérité qu’il n’avait plus songé bientôt à se défendre. Il m’écoutait, son cœur m’écoutait. Comme je l’avais deviné, il comprenait d’instinct la langue des sentiments. La beauté de l’amour, ainsi qu’il la pressentait, je la lui faisais toucher du doigt, cette révélation merveilleuse, ce suprême bien dont son âme avait besoin, je l’avais connue, moi : maintenant il m’écoutait avidement. La bouche entr’ouverte, ses yeux francs fixés sur les miens, il m’écoutait