Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/217

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ou qui le défend. Tous les rosiers ne donnent pas de roses. Il y a des amours malheureuses… Je me sentais entièrement dans la main du Hasard. S’il m’en voulait, les choses seraient contre moi. Alors je suppliais ce dieu inconnu, je me sentais accessible à toutes les superstitions, je considérais les moindres incidents de ma journée solitaire comme des présages, je cherchais à les interpréter, à leur donner un sens. J’aurais volontiers, pour me la rendre favorable, offert un sacrifice à la Fatalité. Car, je me le répétais : ce que j’allais tenter, c’était un enlèvement et une évasion ; pour réussir, il fallait que toutes les choses inertes et aveugles fussent consentantes.


Et puis, cette idée me venait qu’elles étaient indifférentes à nous, que leur existence était séparée de la nôtre, qu’elles étaient complètement étrangères. Alors il n’y avait rien à