Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/237

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Cependant Yvon que, depuis notre départ, je n’entendais pas davantage que s’il n’eût point été là, se mit tout à coup à siffloter rageusement, puis il marmotta je ne sais quoi entre ses dents.

Au même moment, une grosse vague souleva le Stiren er Mor qui monta sur sa crête, puis redescendit profondément, comme au fond d’un abîme.

Un grain s’était élevé subitement.

Je serrai Anne contre moi.

J’entendis Yvon jurer, et aussitôt après un craquement affreux, terrible, qui me fit penser que le bateau était en deux. Il avait dû toucher un récif. Avant que j’eusse eu le temps de me rendre compte de rien, je me trouvai dans la mer, glacé et suffocant…

Le brouillard s’était dissipé : la nuit semblait moins noire. Des vagues d’une hauteur prodigieuse me soulevaient comme une bille de liège, puis me précipitaient dans des