Page:Montolieu - Caroline de Lichtfield, tome 3, 1815.djvu/119

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mon embarras, et l’augmentoit par ses plaisanteries. Enfin, son frère étoit parti, que je cherchois encore comment je pourrois m’y prendre pour lui parler de Lindorf, et lui donner ma lettre. Je fus désolée d’avoir manqué cette occasion de la lui faire parvenir.

Il me restoit une ressource ; mon amie pouvoit l’envoyer à son frère ; mais il falloit pour cela lui faire un aveu complet, l’intéresser à mon amour. Pour amener cette confidence, je lui parlois à tout moment de l’Angleterre, de son frère, des lettres intéressantes qu’elle en recevoit, du bonheur d’avoir une correspondance avec quelqu’un qu’on aime ; mais je n’avois pas encore osé prononcer le nom de Lindorf.

Un matin elle entre chez moi, et jette une lettre sur mes genoux : Tenez, me dit-elle, vous qui croyez qu’il est si doux de recevoir des lettres, je vous fais présent de celle-là ; aussi bien elle auroit dû vous être adressée. Mon frère m’écrit, il est vrai ; mais c’est unique-