Page:Montpetit - Souvenirs tome I, 1944.djvu/87

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

86
SOUVENIRS

numéro d’ordre, et qui manifestent largement leur humeur ou leur gaieté.

J’ai acquis l’âme du quartier. Jour par jour, son image s’imprime en moi par mille traits que le temps n’effacera pas. Quand j’y reviendrai, beaucoup plus tard, je retrouverai mon quartier comme si je ne l’avais pas quitté. Aujourd’hui que je l’évoque de si loin, il revit tout entier : maisons, couleurs, parfums, hommes aussi. Car il bouge très peu, et son mouvement léger ne déplace guère les choses.

Pour moi, le quartier se prolonge jusqu’aux grandes écoles : il est le Quartier latin. Je le parcours chaque jour, dans un sens ou dans l’autre. Le matin, vers la rue Saint-Guillaume, au delà de la Place de la Croix-Rouge ; l’après-midi, vers le boulevard Saint-Michel, pour gagner la Sorbonne ou le Collège de France. Combien de fois je m’attarderai dans le Jardin du Luxembourg pour y surveiller les jeux de mon fils, en faire une salle d’étude en plein air et y préparer mes examens, ou