Page:Montreuil - Minette et Minou, paru dans Mon Magazine, juillet 1926.djvu/3

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DE tous les animaux domestiques, le plus cajolé, le plus dorloté, c’est, sans contredit, le chat, le chat dont la grâce onduleuse et câline appelle la caresse. Voyez plutôt : Minet saute sur vos genoux et presqu’inconsciemment votre main se promène dans la soie de son pelage, tandis que le gracieux animal ronronne l’expression de son contentement. Si vous sembler l’oublier, il se frôle à vous, et ses yeux mystérieux et profonds vous reprochent votre inattention : discrètement il se glisse sur vos pas et vous suit partout dans la maison. Pour se reposer, il viendra de préférence s’étendre auprès de vous, sur le fauteuil où vous avez l’habitude de vous asseoir, ou même sur la table, à portée de votre main, car sans cesse, il semble attendre et mendier une caresse.

Cependant, ce fidèle ami de nos foyers a eu ses détracteurs, il a ses ennemis. On l’a accusé d’égoïsme, et de s’attacher aux lieux plus qu’aux personnes : ce qui tout de suite le représente comme un être ingrat, cherchant avant tout son bien-être, d’où qu’il vienne, et se souciant peu de la main qui le nourrit, pourvu qu’elle soit généreuse.

Ceux qui ont fait au chat une si mauvaise réputation n’étaient certainement pas de fins observateurs ; ils ne s’étaient jamais donné la peine d’étudier le caractère et les habitudes du brave félin, et pour un mauvais sujet qu’ils avaient peut-être rencontré dans sa famille, ils condamnaient illogiquement toute sa race. En ceci le pauvret est traité comme beaucoup d’humains. Et lui qui n’a que ses griffes pour se défendre contre les hommes méchants, s’il a le malheur de s’en servir,