Page:Moreno - Reconnaissance de la région andine, 1897.djvu/154

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Les lacs Fontana et La Plata ont été explorés jusqu’aux abords de l’Océan Pacifique, où ils sont limités par le chaînon andin proprement dit, ainsi que les régions où naissent les affluents de l’Aysen qui se déverse dans le Pacifique et les affluents du Senguerr, Mayo, Chalia et Quenguel, dans les conditions identiques à celles des affluents du rio Claro ; ce qui confirme ainsi ce que j’ai toujours soutenu, à savoir que la division interocéanique des eaux se produit, à l’extrémité de ce continent, à l’orient de la Cordillère des Andes, et que des cours d’eau qui auparavant se versaient dans l’Atlantique, se jettent aujourd’hui dans le Pacifique. Il a été démontré de la même manière qu’aujourd’hui encore ces cours d’eau prennent, à certaines époques, ces deux directions opposées, phénomène qui reconnaît comme cause les crues du printemps. L’anse orientale du lac Buenos Aires a été explorée ainsi que le rio Fenix.

On a étudié la manière d’exploiter pour la colonisation toutes ces régions, indubitablement argentines, ce à quoi elles se prêtent admirablement, des territoires qui peuvent se métamorphoser en peu de temps en centres de production de premier ordre, à condition qu’on change le mode actuel de distribution des terres publiques et que les lots ne soient concédés qu’à ceux qui peuvent les faire valoir par le travail personnel. Enfin, pour compléter ce cadre d’investigations, on a étudié les meilleures voies de communication possibles entre les Andes et l’Atlantique.

Ces voies ont deux principaux points de départ : Puerto San Antonio et Telly Road (planche XLII).

Les renseignements que j’ai réunis depuis 1879 montrent que des navires qui calent vingt et un pieds peuvent entrer dans le Port San Antonio ; les parties les moins profondes au sud-est de Punta Villarino en ont vingt et un, et cette profondeur minimum ne se trouve que sur des espaces réduits ; le fond est mou et le dragage n’y offrirait pas de difficultés ; par conséquent, des navires calant vingt-cinq pieds, et même davantage, pourraient y entrer. La Punta Villarino est un point très important pour y construire des fortifications qui ferment complétement le port. L’eau potable s’obtient au moyen de puits de quatre à cinq mètres de profondeur, et si l’on y fondait un port, il serait facile d’amener par un canal l’eau de l’arroyo Balcheta, en attendant qu’on en construise un autre depuis le Rio Negro, ainsi que le projet en existe déjà.

Si l’on décidait la construction de chemins de fer depuis San Antonio, ils devraient se diriger :