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III

DE CHOSMALAL À JUNIN DE LOS ANDES


Le 15 février, ayant réussi à faire passer les bagages par les moyens primitifs dont nous disposions, nous abandonnons de bon matin Chosmalal pour pouvoir atteindre, dans l’après-midi, Ñorquin. Le trajet est beau, et se fait par une route carrossable parfaitement tracé et qui fait honneur au lieutenant-colonel Franklyn Rawson, gouverneur du Territoire, à l’activité et à la constance duquel on le doit, de même que celui de Chosmalal à Pichachen, actuellement en construction. Si nous employions en routes rien que le prix du plus petit des cuirassés de l’escadre argentine, quel profit n’en résulterait-il pas pour des régions si riches et si négligées ! Comme je l’ai dit, le trajet de ce jour-là fut beau ; les champs s’améliorent ; les laves et les scories ont totalement disparu ; les prairies et les flancs sont pâtureux, et Taquimalal produit une bonne impression avec les blés dorés, se détachant sur la verdure des versants qui commencent à être couverts d’arbres dans leur partie inférieure. Du haut de la côte du Durazno, élevé de 1870 mètres, qui sépare les versants du Neuquen supérieur de ceux du Rio Agrio, on domine un immense paysage : toute la vieille vallée prolongée de l’Agrio, depuis les montagnes qui l’entourent au nord appuyées aux contreforts des Andes jusqu’aux lointaines montagnes au sud. Dans le bas, au loin, des points noirâtres disséminés sur la vaste plaine indiquent l’ancien cam-