Page:Moressée - Un mariage à Mondorf, 1887.djvu/278

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ses idées, l’ami Florian l’écoutant avec attention, approuvant de la tête. Puis, quand le ministre eut fini :

— Vous avez eu, Monsieur le ministre, une idée lumineuse. C’est avec un véritable bonheur que je l’adopte, et je vous jure que tout ce qui dépendra de moi, je le ferai pour obtenir que mon ami l’accepte. Là est la solution, la vraie, celle à laquelle il pourra se rallier sans que son cœur se déchire dans l’effort d’un trop pénible sacrifice.

Et saluant son interlocuteur :

— Permettez-moi, dit-il, de vous quitter, et d’aller dès maintenant prêcher mon ami, lui faire accepter cette conclusion. Je ne doute pas de l’obtenir : mais le plus tôt sera le mieux.

Une heure plus tard, il avait avec M. Dubreuil une conversation fort animée. Il alignait ses arguments, les prenant tour à tour pour les mettre en lumière et en dégager la force concluante, recommençant sa démonstration quand il ne la sentait pas victorieuse. C’était un combat décisif qu’il livrait en ce moment aux hésitations de son pauvre ami : s’il n’en sortait pas triomphant, il laissait M. Dubreuil dans une impasse d’où il ne sortirait plus que le cœur brisé, mort peut-être.

M. Dubreuil hochait la tête, ayant un geste découragé qui semblait demander qu’on éloignât de ses lèvres le calice amer d’un malheur nouveau. Il ne pourrait pas le supporter, c’en était trop… Et le pauvre père s’assit accablé, se prit la tête dans les deux mains et pleura….

Mais tandis que les larmes coulaient sur son mâle visage, Florian continuait courageusement de com-