Page:Moressée - Un mariage à Mondorf, 1887.djvu/283

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En ce moment Marcelle, le visage devenu pâle soudain, presque livide, et l’œil démesurément ouvert, sauta de son siège et courut à Darcier. Lui prenant alors la main :

— Fernand, dit-elle, veux-tu que j’aime mon Frère ?…

— Pauvre enfant, aimeras-tu jamais celui qui vient te ravir aux tendres caresses d’un père chéri, d’une sœur aimée ?

— Non… s’il me sépare de ceux que j’aime. Mais je le chérirai tendrement, s’il me conserve à leur tendresse…

Et reprenant sa question de tout à l’heure :

— Fernand, dit-elle, veux-tu que j’aime mon frère ?…

Puis, comme Fernand approuvait d’un signe, elle ajouta en montrant Raymonde :

— Aime ma sœur…

— Mais je l’aime ! cria Fernand.

Il n’était dans le salon personne, sauf Marcelle peut-être, qui ne sût la secrète affection du jeune homme et qui ne pût prévoir cette réponse qu’il venait de faire à l’enfant. Et cependant ce fut comme une stupéfaction de l’entendre. Dans le plan combiné par l’ami Florian après la conversation qu’il avait eue avec M. Pauley, et le consentement qu’il avait arraché à M. Dubreuil, celui-ci avait le rôle, pénible à remplir, d’offrir à Darcier de reprendre la proposition qu’il lui avait faite au sujet de Raymonde, et à laquelle on avait d’abord répondu par un refus.

Oh ! oui, ce rôle était pénible. M. Dubreuil