Page:Mousseau - L'envers du journalisme, 1912.djvu/117

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
148
L’ENVERS DU JOURNALISME

qu’il craignait que les douleurs ne fussent plus aiguës lorsqu’il serait plus calme.

Martin se rendit compte que s’il attendait davantage, le travail ne serait jamais fait. Il représenta à Delisle qu’il ferait sagement de commencer tout de suite et celui-ci se rendit à ses raisons.

Martin se mit à dicter.

Après avoir écrit quelques phrases Delisle s’arrêta. Il suffoquait et il avait peine à tenir son crayon. Martin l’encouragea ; mais il eut beaucoup de peine à le faire rendre au bout de la colonne. « Veux-tu que je fasse venir le médecin, » lui demanda-t-il, quand ils eurent fini ?

— Non, je serai bien demain, répondit Delisle.

— Bonsoir alors, fais attention à toi.

— Bonsoir.

Quand Delisle arriva avec son compte rendu, le city editor lui dit : « vous êtes bien pâle, ce matin. »

« Je suis un peu fatigué, » répondit Delisle.

En allant lui remettre une traduction, quelques instants après, le city editor vit qu’il pouvait à peine se tenir sur sa chaise. « Vous n’êtes pas capable de travailler, » lui dit-il. « Vous allez vous en aller chez vous et vous reviendrez quand vous serez mieux. »

« Je ne sais ce que j’ai, je vois tout noir, » balbutia Delisle, qui chancela et perdit connaissance.

On appela l’ambulance, qui conduisit le malade à l’hôpital. Il y resta trois semaine, entre la vie et la mort.