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PSYCHOLOGIE DU PRÉSIDENT WILSON 633

magnétique sur tous ceux qui l'entouraient? Lorsqu'on voyait le Premier ministre anglais examiner la compa- gnie, avec six ou sept sens dont ne disposent pas les hommes ordinaires, lorsqu'on le voyait juger les carac- tères, les motifs et les sentiments subconscients, perce- voir ce que chacun pensait et même ce que chacun allait dire, arranger par un instinct télépatique les argu- ments et les requêtes qui s'appliquaient le mieux à l'orgueil, à la faiblesse, ou à l'égoïsme de son interlocu- teur, on comprenait que le pauvre Président allait être forcé de jouer à colin-maillard dans cette assemblée. Nul homme ne pouvait être pour les qualités consommées du Premier ministre une victime plus complète et plus prédestinée. Quoi qu'il en soit, le vieux monde se cram- ponnait à sa perversité et le cœur de pierre du vieux monde était capable d'émousser l'épée la plus tran- chante du plus brave des chevaliers errants. Et notre don Quichotte aveugle et sourd entrait dans un repaire où c'était son adversaire qui tenait en mains la lame rapide et étincelante.

Mais si le Président n'était pas un grand philosophe, qu'était-il donc ? C'était en somme un homme qui avait passé une grande partie de sa vie à l'Université. Ce n'était aucunement un homme d'affaires ou un politicien vulgaire. C'était un homme fort, d'une grande puissance personnelle. Quel pouvait donc être son tempérament ?

Une fois trouvée, la solution est éblouissante. Le Pré- sident était semblable à un ministre non-conformiste et même presbytérien. Sa pensée et son caractère étaient bien plus théologiques que philosophiques, avec toute la force et toute la faiblesse qu'implique cet ordre d'idées

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