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d'hui on eût dit quelque dieu vengeur qui, par haine, eût pris leur forme pour les détruire.

Cléopatre. — Ami, tu recevras une cuirasse d'or qui couvrit la poitrine d'un roi.

Antoine. — Il la mérite, quand elle serait escarbouclée et pareille au char du soleil. Donne-moi ta main ; à travers Alexandrie, menons notre joyeux cortège, avec nos boucliers, balafrés comme nous. Je convierais à souper toute l'armée si seulement le grand palais était assez vaste. N'importe ! nous ferons carrousse et boirons à ce jour de demain qui nous promet royal péril encore. Clairons, sonnez ! Qu'une clameur d'airain emplisse à l'assourdir la ville. Mariez-y vos roulements, tambours ! Car l'applaudissement de la terre et du ciel doit éclater à notre approche.

(Musique triomphale.)


SCÈNE III
Extrémité du Camp de César. — Il fait nuit. Des sentinelles veillent.

Premier Soldat. — Si nous ne sommes pas relevés d'ici une heure, il nous faudra rallier le corps de garde ; la nuit est claire ; et l'on doit livrer bataille dès deux heures du matin.

Second Soldat. — La journée d'hier a été dure pour nous.

(Entre Enobarbus).

Enobarbus. — Sois mon témoin, ô nuit !

Troisième Soldat. — Quel est cet homme ?