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548 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

sa femme ; Sœur Ephrem toute la politique de son mari. Sœur Ephrem et Monsieur Pincengrain sont aussi âpres aux opinions, aussi égoïstes, aussi impropres à com- prendre qu'on souffre autour d'eux, dès qu'ils ont du plaisir ou une idée fixe. Si Monsieur Pincengrain avait épousé Sœur Ephrem, ils passeraient une moitié de leur temps à faire Tamour, l'autre à se haïr.

��XI

��Pincengrain est couché tout nu, auprès de la Gerboise. Ses deux pieds, qui se promènent dans les roses roses du rideau damassé, vont se reposer sur le ciel du lit.

Il dit :

« Parce que nous faisons de la politique, on croit que nous devons avoir l'air compassé. »

La Gerboise lui dit :

« Clorinde est si froide ! »

Pincengrain sourit de la familiarité que se permet d'avoir sa maîtresse à l'égard de sa femme. Il pense à Sœur Ephrem qui lui regardait les mains sur un bocal de candi, ce soir. Il croit qu'elle les voyait, parce qu'il est perverti.

La Gerboise conseille très fort à sa fille, qui chante sur le lit de fortune qu'on lui a dressé dans l'entrée, de dormir.

La lampe fume près du vin et d'un bouquet de dahlias sombres qui puent.

— « Marins ! » appelle une voix, de l'autre côté de la porte mince, dans le chemin.

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