Page:NRF 15.djvu/625

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


NOTES 619

TRADITION ET TROISIÈME DIMENSION.

Plus encore que le mouvement désordonné des exposi- tions en 19 19-1920, la parution ininterrompue de livres ou d'articles sur l'art révèle l'énorme travail auquel se livre la pensée contemporaine pour mettre au point ses inquiétudes, asseoir ses jugements et trouver une formule picturale vivante et fertilisante.

Le peintre cubiste, intellectuel et théoricien (je ne dis pas idéologue), avant la guerre méprisé et tourné en dérision, est aujourd'hui, sinon mieux compris, du moins écouté et discuté. On lui fait crédit, on lui demande ses raisons.

Des esprits sérieux, des professeurs même, peu suspects de faiblesse à l'égard des jeunes artistes, veulent bien solli- citer leurs explications ; malgré que sévère, leur réplique me paraît plus précieuse et encourageante que les cris d'ad- miration irraisonnée de certains de nos amis.

D'aucuns s'étonnent de voir M. André Michel, ou M. Henri Longnon reconnaître, tout en blâmant notre technique, le bien-fondé de nos désirs et abandonner à leur déroute les impuissants ofhciels :

A vrai dire une influence intellectuelle peut encore se marquer, qu'on imagine dirigée dans le même sens que la réflexion politique ou morale, c'est-à-dire vers la remise en place de toutes choses,

vers le retour à un ordre jugé désormais nécessaire Aussi bien

n'est-ce pas plus au Salon de la Nationale qu'à celui des Artistes français qu'on peut s'attendre à rencontrer les premiers témoignages de cette évolution.

Ce dur jugement de M. Henri Longnon est définitif. La faillite des Salons officiels est chose admise par le moins audacieux ; le journal le Temps a solennellement souligné la rupture.

Si l'on considère les productions de l'Ecole comme défini- tivement isolées, sans raccord avec aucune ligne spirituelle.

�� �