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DU VERS FRANÇAIS 433

d'entraîner d'abord quelque insécurité et quelque désarroi. Plus sont délicats les accents rythmiques de notre langage français, plus il est difficile de fonder sur eux seuls la mesure et l'équilibre du vers... Ici seulement je commence à défendre une opinion personnelle ; et devant elle aussitôt mes contradicteurs se divisent, ou plutôt il apparaît bien que j'avais un contradicteur, et non pas deux : "Le moindre écart, — ai-je osé dire — implique une révolution, qu'un système bien arrêté pourra seul préserver du caprice absolu. " — " Ce dernier membre de phrase — objecte Oméga dans la Phalange^ — est absolument incompréhensible. Où il y a système^ surtout bien arrêté, il n'y a non seule- ment plus caprice mais il n'y a plus liberté, liberté de cette norme intérieure qui doit se substituer en tout artiste (elle, la véritable règle et aussi forte que l'autre) à l'extériorité d'une norme fausse- ment traditionnelle ". — Henri Ghéon, de son côté, ne devine pas à quel point, parlant de système arrêté \ c'est à lui-même que je pensais ; mais, selon mon attente, il s'écrie : " Le vers libre, mal nommé, n'aspire pas à la fantaisie, ni même, Oméga ! à la liberté ! mais bien à la néces- sité, universelle loi esthétique ". Il maintient que le vers français, s'il est, d'abord, un vers accentué, est, en outre, un vers numérique ; que le vers libre aura ses règles organiques, lui aussi ; et que déjà nous possédons le système souhaité : " C'est

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