Page:NRF 3.djvu/43

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Tout s’y concentre, et ta ferveur et ta clarté.
Et tes gestes groupant les fleurs de ta bonté
Et tout y est blotti dans une paix profonde
Contre les vents aigus trouant l’hiver du monde.


Mon bonheur s’y réchauffe en tes bras repliés ;
Tes jolis mots naïfs, joyeux et familiers
Chantent toujours aussi charmants à mon oreille
Qu’aux temps des beaux lys blancs et des rouges groseilles.


Ta bonne humeur allègre et claire, oh ! je la sens
Triompher, jour à jour, de la douleur des ans
Et tu souris toi-même aux fils d’argent qui glissent
Leur onduleux réseau parmi tes cheveux lisses.


Quand ta tête s’incline à mon baiser profond
Que m’importe que des rides marquent ton front
Et que tes mains se sillonnent de veines dures
Alors que je les tiens entre mes deux mains sûres.


Tu ne te plains jamais, et tu crois fermement
Que rien de vrai ne meurt quand on s’aime dûment
Et que le feu vivant dont se nourrit notre âme
Consume jusqu’ au deuil pour en grandir sa flamme.