Page:NRF 3.djvu/451

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


ÉLOGES 44I

— Sinon r enfance, qu'y avait-il alors qu'Un' y a plus ? Plaines ! Pentes ! Il y

avait plus d'ordre ! Et tout n'était que règnes et confins de lueurs. Et l'ombre et la lumière alors étaient plus près d'être une même chose... Je parle d'une estime... Aux lisières le fruit

pouvait choir

sans que la joie pourrit au rebord de nos lèvres.

Et les hommes remuaient plus d'ombre avec une bouche plus grave ', les femmes plus de songe avec des bras plus lents.

...Croissent mes membres ; et pèsent \ nourris d'âge !

Je ne connaîtrai plus qu'aucun lieu de moulins et de

cannes pour le songe des enfants fût en eaux vives et

chantantes ainsi distribué. A droite on rentrait le café, à gauche le manioc (ô toiles que l'on plie, ô choses élogieuses !) Et par ici étaient les chevaux bien marqués, les

mulets au poil ras, et par là-bas les bœufs ; ici les fouets, et là le cri de l'oiseau Annaû

— et là encore la blessure des cannes au moulin. Et un nuage

violet et jaune, couleur d'icaque, s'il s'arrêtait sou- dain à couronner le volcan d'or,

appelait-par-leur-nom, du fond des cases, les servantes.

Sinon l'enfance, qu'y avait-il alors qu'Un' y a plus?...

2

�� �