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FERMINA MARQUEZ 493

ques mauvaises têtes, peut-être, regrettent que le chahut ait si tôt pris fin. Mais la majorité des élèves est contente de l'intervention de Léniot.

Une poussière flotte encore dans la salle, une poussière d'après la bataille, piquante aux yeux et excitante. Joanny, de sa place, debout, résume en quelques mots l'incident, rappelle les paroles conciliantes du Préfet des Etudes, et puis va tendre la main à M. Lebrun, qui s'excuse presque. Les notes seront excellentes, ce soir ! A son tour, Pablo s'approche de la chaire et, en quelques minutes de causerie à voix basse avec M. Lebrun, arrange leur différend.

Joanny Léniot lit son triomphe dans tous les yeux. Le Préfet des Etudes a bien eu l'air de présenter son extra- ordinaire démarche comme un mouchardage. Mais personne ne s'y est trompé. C'est un grand succès : les Américains approuvent hautement la chose. Mais le principal, c'est que Joanny n'aura pas la mauvaise note qui eût fait disparaître son nom du tableau d'honneur. Comme un joueur qui a risqué le fond de sa bourse et qui a enfin gagné, il reste un peu étourdi, trop joyeux pour que sa joie éclate d'abord.

Après un pareil coup, tout lui paraît si facile ! Si elle était là, sa déclaration serait déjà faite. Mais encore une fois, rien ne presse. Une séduction est une œuvre de méthode et de patience, de calcul profond. " Ça, et le prix d'excellence, quelle belle fin d'année scolaire !..."

Le tambour appela tous les élèves au réfectoire; et, après le rapide souper, le retour dans les études pour un quart d'heure, et les prières dites, de nouveau le tambour gronda pour le coucher. Et le brouhaha des élèves mon-

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