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��DEUX LETTRES

��I.

1 1 novembre 1903. Cher et grand ami,

Que vous dirais-je ? Ma grand'mère était men- diante, mon père, qui était un enfant plein d'orgueil, a mendié, lorsqu'il était trop jeune pour gagner son pain. J'appartiens à une génération qui n'a pas encore passé par les livres. C'est pourquoi il va m'être si difficile de vous parler du vôtre.

Mais que je vous le dise en commençant cette lettre, j'ai failli plusieurs fois, avant même d'avoir achevé votre livre, vous écrire pour que vous sachiez combien je voyais vos profondeurs. J'eusse voulu vous retourner aussitôt ce feu que vous allumiez en moi et que la voix de ma reconnais- sance vous revînt dans sa prime chaleur.

Pour vous bien faire sentir mes paroles, il faut que je vous reporte un peu en dehors des vôtres et que je vous rappelle qu'il est en moi des vérités plus impérieuses que celles que vous

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