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��LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

��chaque spectacle tend à différer de tous les autres ; Mal épouse sa tendance, la prolonge en lui-même jusqu'à la sépara- tion effective. — Une (oile est pour lui non pas une image de la réalité, mais une spéculation plastique, aussi faut-il la rendre aussi solitaire que possible, sans précédent et sans analogie. C'est pourquoi elle sera poussée tout entière dans un se c'est pourquoi le peintre ne lui consaerera qu'une partie d< moyens. — La diversité de ces tableaux déconcerte, para qu'elle est la diversité de la parcimonie, non celle de 1; richesse.

Si Matisse consentait à s'enfermer dans l'obligation des choses, s'il voulait attendre de sa soumission son originalité, peut-être l'obtiendrait-il plus précieuse. Les objets réels ne revêtent leur différence qu'après avoir patiemment ressemblé à tous les autres. C'est à force de se confondre qu'ils arrivent à se distinguer. Mais l'espect unique, qui naît enfin sur leui visage, est l'aboutissement de leur profondeur, V expression dt tout leur être. J. R.

��EXPOSITION CHARLES GUERIN (Galerie Druet).

Plus je m'attarde à regarder ces nus, ces natures-mortes, ces fantaisies même, plus se confirme, se renforce, se Justin par les plus solides raisons, l'impression première ressentie en face de cette exposition, l'impression que l'on ressent devant les maîtres. S'il y a peut-être quelques erreurs ici, quelques vulgarités, il y a surtout une maîtrise.

Charles Guérin a commencé dans l'atelier de Gustave Moreau, un maître utile et dangereux, Utile en ceci que, trop respectueux des maîtres, il en imposait le culte au double point de vue de l'invention poétique et du métier. Dangereux par l'excès même de son prosélytisme classique. Charl( Guérin semble avoir rapporté de là le goût de la composition, l'application et les scrupules du métier, et nullement les pré- tentions littéraires : on n'en saurait dire autant de tous les élèves de Gustave Moreau. Ou du moins, le peu de littérature

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