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.A MORALE ET LA PEDAGOGIE DE M. BARRES 605

ie peut ni ne doit être neutre : " Un digne insti- tuteur est celui qui se préoccupe de communiquer une famme à V enfant^ de former une âme. " Jusqu'à nos ours, le cœur traditionnel des petits Français a été

ormé par la religion catholique. De cette religion,

/instituteur entend bien se passer ; est-il donc

apable, sans son secours, de former une âme?

Barrés n'a pas de peine à montrer l'inanité des loctrines sur lesquelles l'instituteur appuie son enseignement moral. C'est très bien de remplacer dans les livres de grammaire le " temps pascal " 3ar le " canal latéral " et la " croix des tombeaux " par le "feu des fourneaux" l ; mais c'est insuffisant, mrquoi fonder la morale? — A l'éclectisme de Jules Simon succède le solidarisme de Léon Bourgeois, puis voici la sociologie. De tous ces systèmes l'insti- tuteur ne peut tirer des paroles vivantes à l'usage des petits garçons.

C'est un spectacle pathétique que celui de cet instituteur isolé dans sa maison d'école et assailli par tous les systèmes comme Saint Antoine au désert. 2 Mais ce qu'il entend dans sa solitude ce n'est plus la voix des philosophes d'Alexandrie, c'est la voix de Léon Bourgeois, et c'est la voix d'Albert Bayet.

Pour toutes ces voix dont il est assailli, l'insti-

1 Grammaire de monsieur Auge.

  • " Si chétive, si incomplète que soit sa demi-culture, dit Barrés, elle

lui crée l'isolement d'un penseur. "

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