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mais la graduelle intelligence que nous acquérons du postulat philosophique que, par dessus son sujet, l'auteur s'évertue à nous imposer.

Quoi d'étonnant à ce compte et quelque talent que M. Paul Adam y ait dépensé, si le Trust nous déçoit. Ni une œuvre intellectuelle ne s'accommode du conditionnement d'un roman, ni un roman des procédés et de la filiation d'une œuvre intellec- tuelle. C'est bien un roman qu'a voulu faire M. Paul Adam : jusqu'au bout il lui faudra donc subir les conséquences du malentendu fonda- mental et voir se tourner contre son œuvre d'art tout ce qui serait avantage et nécessité s'il s'était proposé une tâche critique. Est-ce à dire qu'aucun ouvrage d'invention ne puisse servir une fin in- tellectuelle : on sait bien que non, et ce n'est pas le lieu de fournir ici des exemples. On inclinerait plutôt à penser que rien n'est moins accessible au talent de M. Paul Adam que le domaine des Idées.

De quelle singulière méconnaissance de ses dons naturels, M. Paul Adam, en effet, nous offre l'exemple ! Tempérament, imagination, vocabulaire, tout chez lui est sensualité : aucun spectacle du monde, aucune conjoncture qui ne se traduise en lui par une réaction des sens. De son lyrisme, de sa chaleur, de sa couleur, de son don d'évocation, — car M. Paul Adam a toutes ces qualités et nous ne lui marchandons pas l'éloge, — c'est la

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