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JULIETTE LA JOLIE IO25

rails, lui appliquait quelques calottes pour la plus grande joie des gamins, et le faisait rentrer dans sa boîte plus vite, disait-il, qu'il n'en était sorti.

Taupin aurait pu vivre heureux. Mais un beau jour il cessa de donner des tapes à son polichinelle. Veuf depuis des années, voici qu'il pensait à la femme. Il était tombé amoureux d'une grande servante à cheveux roux, amou- reux à tel point qu'il l'épousa à la mairie et à l'église. Elle avait déjà un enfant. Elle ne se maria pas " en blanc " et l'on ne sonna point les cloches. Taupin n'avait pas peur, lui, que l'on vînt faire le charivari devant sa porte avec des chaudrons et des poêles. Quand le cortège descendit de l'église, bien des gens s'étaient réunis au tournant des Promenades pour assister au défilé. Thierry qui, ce jour-là, n'aurait pas donné, pour bien cher, sa langue à ses deux chiens, lui cria :

— Tu ne fais donc pas sonner les cloches, Taupin ?

— On les sonnera ce soir avec Loulou ! répondit-il en ricanant. La nouvelle M"*^ Taupin n'éprouva pas le besoin de rougir. Elle en avait entendu d'autres.

On connaissait Thévenot, le quincaillier. Cette demoi- selle Monchaux, qui sortait à peine du pensionnat des chères soeurs où, pourtant, elle n'avait pu recevoir que sages conseils et bons exemples, était-ce lui qui l'avait séduite, ou elle qui s'était jetée dans ses bras r Toujours est-il qu'il vivait avec elle, au su de toute la chrétienté, en concubinage, et qu'elle lui faisait cadeau, chaque année, d'un enfant.

On connaissait la Roux, qu'on appelait, par besoin d'euphonie peut-être ou par mépris, la Rousse, Oui, la Rousse, madame. Une " prop' à rien ", avec trois enfants

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