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I06 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

actes. Enfin dans ce dialogue, chaque réplique commence par détoner dans l'apparence des faits, mais la suite des répliques dresse peu à peu une réalité grandissante, inattendue, devant quoi pâlit et disparait la réalité.

Pierre de Lanux.

��AUX JARDINS DE MURCIE, par José Félin y Codina, traduction de MM. Carlos de Baille et Jntonin Lavergne (Odéon).

Une pièce espagnole formait le second spectacle inédit de M. Antoine. On sait que, par une ellipse hardie, ce terme désigne à l'Odéon une pièce dont l'auteur n'a pas encore été joué. Il faut, en plus, sous-entendre cette fois-ci : joué en France ; car Aux jardins de Murcie (en espagnol : Maria del Carmen^ a eu, de l'autre côté des Pyrénées, de nombreuses représentations, et José Félin y Codina est mort depuis plu- sieurs années. Seuls les deux traducteurs sont " inédits ". Aussi ne faut-il rien chercher, dans cette pièce, de ce que l'on espère trouver chez de jeunes révolutionnaires. C'est un drame solide- ment construit, ingénieux et vivant. Peut-être avions-nous déjà vu des paysans espagnols pareils à ceux qui nous y sont repré- sentés. En tout cas c'est ainsi que nous nous attendions à les trouver, âpres dans leurs rivalités, sauvages dans leurs vengeances,, courageux et même chevaleresques. On voudrait çà et là quelques traits plus imprévus ; mais le ton est juste, l'atmos- phère est émouvante. Telle quelle, la pièce a quelque chose de mâle qui n'intéresse pas seulement par soi-même, mais par ce qu'elle fait deviner en Espagne de ressources d'énergie.

L'autre événement fut, à l'Odéon, un essai de mise en scène nouvelle de Britannicus. Qu'une tentative comme celle-ci nous satisfasse pleinement ou non, il n'importe pas beaucoup. On commence à avoir retourné dans tous les sens le théâtre de

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