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EXPOSITION VAN DONGEN (Galerie Bernheim) : —

EXPOSITION LAPRADE (Galerie Druet).

Un prestigieux peintre d’affiches, un curieux décorateur pour music-hall. On l’a dit. On peut le redire, après la récente exposition de la Galerie Bernheim, où les silhouettes sommaires, les visages de fard et les yeux de kohl composent l’ensemble attendu, empreint d’une assez luxurieuse poésie. Moins artiste que Lautrec, moins savant, moins doué, moins psychologue, sans cette âpreté intellectuelle qui apparente Lautrec â Forain, Van Dongen a pourtant tiré des accords neufs du thème montmartrois dont semblaient épuisées toutes les ressources ; ses aimées lui sont personnelles et nul n’avait osé encore traiter le nu " sexué " aussi crânement. Que cet art soit profond, et même complet, et même fécond, on en doute ; il emploie un si petit nombre d’éléments qu’on craint qu’il ne puisse en varier indéfiniment les combinaisons ; au fait, voici déjà qu’il se répète... L’art des nègres est aussi court. — Pourtant, il y a là un grand nu sur fond blanc, sorte d’étude moins délibérément simplifiée, plus scrupuleuse vis à vis de l’objet, qui étonne par un modelé souple, solide, savoureux même... Si, de gaîté de cœur. Van Dongen abdiqua jamais de telles qualités, il est grand temps qu’il en reprenne usage ; ses ouvrages prochains ne pourront qu’y gagner et dans cette voie élargie, sa peinture progressera sans perdre de son caractère. Car il est peintre, indiscutablement.

A la Galerie Druet, Laprade nous donne de nouvelles preuves, et de plus en plus décisives, d’un don délicieux qu’il sait de mieux en mieux cultiver. La pratique de la gouache et de l’aquarelle l’a conduit à une plus sûre maîtrise de lui-même, à une moins hasardeuse liberté et ses tableaux à l’huile s’en ressentent heureusement. Une sorte d’assouplissement dans la forme, de jet moins saccadé dans le dessin et dans la coulée de