Page:NRF 7.djvu/173

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DANIEL DE FOE l6j

ments onéreux, assumer de pesantes charges, t'engager à rembourser, par époques, toutes tes dettes aux créanciers ! On était en 1692, et cet engagement inexorable que tu tins avec tant d'honneur il devait lourdement peser sur toi jus- qu'à la mort ; il devait te suivre jusqu'au tombeau ; il devait aider, au moment in extremisy à resserrer autour de ton cou cette chose fatale qui étrangle les êtres dans ses serres et que l'on appelle la maladie et la misère.

La faim, le froid, la soif, la douleur d'entendre de petits êtres implorer du feu et du pain, l'ennui de vivre en des chambres sordides, d'errer çà et là dans Londres, de maison en maison, voilà ce que tu connus alors ! Un moment (il faut le dire parce que c'est son honneur et que l'honneur des rois aussi existe), Georges III que tu avais contribué à faire sacrer dans Westminster, Georges III te tendit une main secourable. Alors, comme tu avais une grande énergie, tu te repris à l'espoir de vivre, tu domptas le sort, tu recommenças à espérer. Des voyages commerciaux en Allemagne, en France et en Espagne t'apprirent qu'il y a autre chose sur terre que des rivalités dynastiques et qu'au delà de toutes les querelles des tories et des whigs, des Stuarts et d'Orange, il y a un univers admirable où tout vit, palpite, rayonne, où le monde agit, pense et se reflète avec une diversité délicieuse au fond du cœur et des yeux.

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