Page:NRF 7.djvu/184

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


178 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

mode, n'a pas peint de mégères pires, de plus im- pudiques et plus cruelles femmes. Et comme elles étaient mises, my dear^ comme elles étaient parées! Toutes en belles perruques, nœuds de rubans, gros bijoux et soie ! Mais les pires, Daniel, les pires étaient tes ennemis : anglicans, tories, ceux qui se réunissent au High Flyers, boivent et pala- brent : Dyer, Stephen, ceux qui montent sur les tréteaux et pérorent dans les clubs, tous, de Foë, tous étaient là, te raillant, te bafouant, te jetant la boue avec l'insulte.

Mais le troisième jour, ah 1 le troisième jour !

Ce jour-là, le dernier de juillet, tu étais exposé à Temple Bar. Du pilori tu apercevais le gibet où le bourreau suspend, après l'exécution, la tête des condamnés à mort. Et toi aussi, de Foë, tu pensais que tu étais condamné ! Mais, c'était à une peine plus terrible que la mort : c'était à une honte, à un déshonneur sans nom. Là, sur ton pilori, tu sem- blais un crucifié ; et chacun de tes ennemis pou- vait venir, te percer au flanc avec la lance, te souiller la bouche avec le fiel ! Mais toi, tu avais une force surhumaine, de Foë, tu pensais à ta protestation si haute, tu te répétais à toi-même tout ce que tu avais dit dans ton Hymn: ^^ ...F igno- minie leur restera ; à moi ce sera la gloire; et, s'ils ont attaché sur mon front F inscription qui déshonore le faussaire et le voleur, leur front que la postérité flétrira sera couvert de honte à jamais... ^ Là, devant toi,

' Détails et fragments cités par Philarètc Chasles.

�� �