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��NOTES

��LES RÉCENTS OUVRAGES DE TRISTAN BERNARD.

De Tristan Bernard plusieurs livres qui paraissent presque coup sur coup, — Sur les grands cheminsy Nicclas Bergère, — plusieurs pièces dont les répétitions générales n'ont lieu qu'à quelques semaines de distance, — Le Petit Café, V Accord Parfait, — sont moins prétextes à comptes-rendus qu'occasion de parler, une fois de plus, de lui. Un nouveau roman, une autre comédie ne nous font pas découvrir en lui de qualité dont jusqu'au jour où nous l'avons lu, où nous l'avons vue, nous ayons ignoré l'essentiel. Chacune de ses œuvres actuelles est comme la mise en jeu, attendue, de ces ressorts innombrables dont ses premiers livres et ses premières pièces nous avaient laissé plus que soup- çonner l'existence.

Toutes portent sa marque indiscutable et de moins en moins discutée. Sa personnalité, chacune en a sa part, toutes l'ont tout entière. Mais de lui, d'elles, reste-t'il quelque chose à dire ?

Il a pu réaliser ce prodige d'être, parmi nos écrivains, celui qui est à la fois le plus subjectif et le plus objectif, puisqu'il s'identifie si complètement avec ses personnages, et puisque nous ne trouvons trace, chez lui, ni de sympathie ni d'antipathie pour eux. Sentez-vous gronder chez Dickens l'indignation contre l'honnête, le vertueux, l'incomparable M. PecksnifF? Où la trouverez-vous, chez Tristan Bernard, dans Monsieur Codomat ? Certes si nous ne sommes pas, avec lui, à l'école de la pitié, nous n'y sommes pas davantage à celle du naturalisme pour qui les hommes n'étaient guère que matière à expériences

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