Page:NRF 7.djvu/321

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


NOTES 3^5

pour les perdre ; la vie est une série d'adieux, même en art ; et même nos progrès sont éphémères et caducs."

Le second fragment est détaché d'une lettre à M. Edmund Gosse, du I" décembre 1894. C'est la dernière qu'écrivit Stevenson, deux jours avant sa mort :

" Pensez-y bien, Gosse, la principale différence entre nous c'est, je crois, que vous avez une famille qui s'élève autour de vous et que je suis, moi, un jeune homme flétri, sans enfant, un peu amer, aux yeux très clairs. J'ai, en fait, perdu le sentier qui vous rend facile et naturelle la descente de la colline. Elle est pour moi sans détour. Et là où elle aboutit, c'est un précipice. "

��La Revue de Paris publie d'admirables pages de M"* de Noailles sur Strasbourg. Alors que jusqu'ici l'on n'avait su montrer de l'Alsace qu'un aspect tantôt grave ou héroïque, tantôt familier et plantureux, l'auteur du Cetur innombrabk nous en donne une image toute sicilienne, à la fois si brillante et si chargée d'émotion, si juste et si inattendue, qu'il semble à ceux qui connaissent bien Strasbourg, découvrir à nouveau la vieille ville.

Dans Comcedia du 3 Janvier, le sincère et fougueux Louis Na22i a publié de très belles Considérations actuelles sur la €ritique. Quoi qu'il en dise aux premières lignes de son article, Louis Nazzi se fait de la critique telle qu'elle devrait être, et de son influence telle qu'elle devrait s'exercer, une très haute et très noble idée, puisqu'il écrit :

" La faculté maîtresse du vrai critique, c'est l'indépendance. Un critique ne m'intéresse et ne me retient que si je le sens dégagé de toute entrave, et sincère jusqu'à la maladie du scrupule. Ainsi était Brunetière, ce grand honnête homme de

�� �