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NOTES 3^7

permis à un critique de ruser avec soi-même et d'étrangler, volontairement, sa vérité."

�� ��Une anecdote sur l'admirable peintre Alphonse Legros qui vient de mourir à Londres.

" Cet homme sentait pourtant qu'il était grand ! Que fallait-il attendre ici ? (à Paris.) Que les critiques et les jurys do Salon lui fissent la place à laquelle il avait droit ? Ou bien qu'il mourût de faim et de froid au coin d'une rue ? En vérité, ceci serait arrivé plus tôt et plus sûrement que cela !

Or, écoutez ce qui l'attendait en Angleterre. Il y avait un grand artiste et un grand poète, qui a laissé un nom glorieux et une œuvre profondément belle et émouvante, Rossetti ! Il y avait un grand peintre, Watts, qui est peut-être le portraitiste le plus éloquent et le plus grandiose de la race britannique, et sous ce rapport du moins, une sorte de Rembrandt d'Outre- Manche, par ailleurs évocateur inspiré.

Ces deux hommes accueillirent Legros comme un ami de longue date, comme un concitoyen de la même intellectuelle et artistique patrie.

Il y avait un artiste distingué, de moindre envergure sans doute, mais homme d'un aloi si rare et si exquis, que l'on n'a pas à s'occuper s'il eût un autre génie que celui du cœur. Ce peintre, du reste professeur éminent, Edward Poynter, fit cette chose. Il avait une chaire d'enseignement artistique au Collège de l'Université. Il fit entrer Legros, qui avait déjà pu, ô mer- veille ! commencer à vivre en donnant quelques leçons ; il le fit entrer, dis-je, comme son suppléant, mais en lui abandon- nant ses propres appointements tout entiers. Puis, lorsque, plus tard, eut lieu une élection de professeur, il agit de telle sorte qu'il le fit nommer titulaire de cette chaire, malgré les obstacles qu'on devine : un français dans une fondation exclusivement

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