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LE LOISIR DE CAGLIARI 333

des Amours. Zelmis s'abandonnait aux rêveries qu inspirent ces vagues légères qui, venant à se briser contre le vaisseau, y laissent, pour marque de leur fierté, cette écume dont on le voit environnné.

Il y a Tallégorie et la personnification de l'élément. Rien n'y manque. Elle est exquise d'être si datée de son siècle.

Mais ce qu'il est impossible de leur contester, c'est la forte ingéniosité subtile et attrayante de leurs discours sur les passions de l'amour. Il y a dans la Provençale des analyses psychologiques d'une ténuité adroite et sûre qui peut enthou- siasmer. Je sais que ces choses-là, et la recherche de leur expression heureuse, étaient dans le goût du temps. Une preuve dès les premières pages :

Elvire disait les choses avec un accent si tendre, et un air si aise, quil semblait toujours qu'elle demandât le cœur, quelque indifférente chose quelle pût dire.

A ce " qu'elle demandât le cœur " on peut pâmer sans ridicule. Seulement Sainte-Beuve qui est un malin doué d'une excellente mémoire, et qui fut trop constamment amoureux pour ne pas être tombé en arrêt devant le " qu'elle demandât le cœur ", nous avertit que cette locution est " prise textuellement d'un petit libelle romanesque sur les Amours de Madame et du Comte de Guiche ". Peut-être lance-t-il un peu vite la dénonciation de plagiat, et Regnard, en plus de la défense légitime

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