Page:NRF 7.djvu/340

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


334 ^^ NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

par la mémoire inconsciente, me paraît fort capable d'avoir retrouvé tout seul une formule remar- quablement juste, mais d'une allure à la mode.

Voici d'autres remarques du même genre, aux- quelles Sainte-Beuve n'a pas cherché d'analogie, peut-être parce qu'elles sont assez propres à déses- pérer les amoureux :

// sortit tout charmé de ce qu'il venait d^ entendre : il repassait dans son esprit toutes les paroles d^Elvire^ il les examinait dans tous les sens avantageux quon leur pouvait donner ; il craignait quelquefois de n avoir pas dit de sa passion tout ce quil aurait dû dire ; quelquefois aussi il appré- hendait d^ avoir paru trop hardi ; enfin il demeurait toujours aussi mécontent de lui quil était satisfait de Paimable Provençale.

Ou bien :

// n^en fallut pas davantage pour élever Zelmis au comble de la joie ; mais comme il ne faut rien pour flatter ou déses- pérer un amanty et que^ suivant ses différents caprices^ il s'afflige et se réjouit souvent de la même chose^ il craignit aussi que cette facilité d^ Elvire à le voir ne fût une marque de son indifférence et du peu de risque quelle courait en le voyant.

Et c'est encore :

Rien ne détermine plus une femme à favoriser un amant que la concurrence d'une rivale.

Laquelle maxime vaut pour plus d'un cas. Un de nos contemporains l'a reprise, peut-être sans la

�� �