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41 6 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

nos fenêtres ces stucs enchâssés de verres multicolores qui font de si douces lumières dans les palais tunisiens. Ce n'est pas pour mon agrément, comme vous pouvez le penser, que ce petit coin du monde prend un aspect si nouveau. S'il avait pu demeurer éternellement tel que vous l'avez encore vu, je n'aurais certes pas entrepris d'y rien changer, fut-ce sur le plan du plus beau rêve. Mais ne nous perdons pas en vains regrets. C'est peut- être une lâcheté, un défaut de force vitale, de vouloir que les choses restent toujours immobiles. Acceptons avec allégresse le changement et la vie. C'est moins là une idée de mon esprit que le mouvement de tout mon être. Quand je vous disais tout à l'heure que je regret- tais le passé, je me trompais moi-même. Non, non, je ne regrette rien. Notre tâche est magnifique. Il s'agit de prouver ici, par une réussite éclatante, qu'une civilisa- tion primitive n'est pas nécessairement condamnée au contact de la nôtre, et que la France peut réveiller dans son Empire d'Afrique un génie endormi. "

Ainsi, pendant quelques années, je suivis, à travers les billets du Khalife et les journaux illustrés, le progrès de cette ville orientale et moderne qui s'élevait là bas, au désert. Qui n'a vu, sur quelque photographie, ces mina- rets, ces coupoles, ces blanches terrasses qui s'emmêlent dans le plus gracieux caprice ; ces rues étroites et tor- tueuses pour éviter la poussière et le soleil ; ces passages couverts pour servir de refuge à la vie de la rue aux heures brûlantes du jour ; ces jets d'eau dans les cours, ces faïences et ces mosaïques, ces stucs aux verres étince- lants, l'hôtel, le casino, les bains, les villas d'un blanc

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