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LA LITTERATURE 447

maîtres de la pensée moderne, d'être même appelé le Vigny du XX* siècle. " Cela est à la page 235, et Moréas seul ne s'en fût pas étonné ; mais qu'en pensa en Sorbonne son répondant, M. Faguet, qui a reproché si bien à Victor Hugo et à Baude- laire de n'avoir pas d' " idées " ?

A ces trois maîtres M. Barre rattache tous les groupes symbolistes. Voici son dénombrement :

1° Ferlainiens, divisés en MélancoRques (Le Cardonnel, Mikhafil, Samain, Rodenbach, Maeterlinck) et Excentriques (Gros, Cor- bière, Rimbaud, Jammes).

2" Mallarméens, divisés en Harmonistes (Ghil, Dubois, Mockel, Mauclair, Stuart Merrill, Verhaeren) et Vers-libristes (Kahn, Laforgue, Viélé-Griffin, Dujardin, Retté, de Régnier).

3° Néo-Classiques, divisés en Ecole Romane (Raynaud, du Pies- sis, de la Tailhède) et Indépendants (Hérold, Quillard, Tailhade).

Je sais bien que toute classification comporte de l'arbitraire, mais celle-là vraiment l'exagère. Mikhaël et Samain se rap- prochent du Parnasse et de Baudelaire bien plus que de Verlaine. C'est voir Jammes par un très petit côté, qu'en faire un " excentrique ", c'est abuser de certains excès voulus, et en somme le petit veau qui était pauvre, ou la vache qui a mangé les bas noirs de la fiancée du poète, sont-ils plus " excentriques " que bien des ballades de Laforgue ? — Les recherches de musique verbale et le vers libre se sont développés tout à fait en dehors de l'exemple et même de l'influence de Mallarmé. Que Ghil ait été chef d'école, soit ; mais les vers du délicat poète Albert Mockel nous permettent-ils de voir en lui un disciple de Ghil ? Quel rapport de l'un à l'autre r Et comment peut-on dire que " la technique de Ghil a trouvé l'homme de sa formule dans Verhaeren ", qui est un tempérament roman- tique et oratoire, et qui n'a rien d'un " harmoniste " r — Il aurait suffi à M. Barre de très peu d'information pour savoir que personne aujourd'hui ne considère plus M. de Régnier comme un " vers-libriste ". Mais, certes, moins encore s'en

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